Un temple maçonnique n’est pas une salle de réunion comme les autres. Chaque mur, chaque siège, chaque objet y a une place définie et un sens. Pour comprendre les symboles maçonniques, il faut donc d’abord comprendre le lieu qui les rassemble : la loge. Le mot désigne à la fois le groupe de francs-maçons qui se réunissent régulièrement et l’espace où ils se réunissent.

Intérieur d'un temple maçonnique

Des tavernes aux temples

Au début du XVIIIe siècle, il n’existe pas de temples maçonniques. Selon la BnF, les loges se réunissent dans des appartements privés ou des arrière-salles de tavernes, et utilisent des toiles ou des peintures représentant le Temple de Salomon en construction. C’est pour cela que le tableau de loge était à l’origine dessiné à la craie, puis effacé.

En France, l’historien Michel Taillefer montre qu’un « plan type » se fixe vers le milieu du XVIIIe siècle : une salle rectangulaire, le « carré long », orientée symboliquement. La BnF situe après 1760 la mise en place de l’aménagement sobre du temple français, qui évite de ressembler à une église rivale.

Un espace orienté

La loge est un espace orienté : on parle de l’Orient (le fond de la salle, où siège le Vénérable), de l’Occident (l’entrée), du Midi (le sud) et du Septentrion (le nord). Ces directions sont symboliques : elles ne correspondent pas forcément aux points cardinaux réels. Le catéchisme de Prichard (1730) parle déjà de trois « lumières fixes », des fenêtres à l’est, au sud et à l’ouest, mais pas au nord, d’où le soleil « ne lance pas de rayons ».

D’après la BnF, l’Orient est surélevé de trois marches et orné de balustres. Le Vénérable y siège sur le « trône » ou « siège de Salomon » ; sous l’Empire apparaissent au-dessus de lui un delta rayonnant et un dais bleu. À la fin du XXe siècle, l’Orient prend une forme en trois parties : la Lune au nord, le delta au centre, le Soleil au sud (voir le Soleil et la Lune).

Les colonnes et les places

À l’entrée, à l’Occident, se dressent les deux colonnes Jakin et Boaz, que tout initié doit franchir. Le long des murs nord et sud, des bancs se font face sur deux rangées : on les appelle elles aussi les « colonnes ». Au centre, le pavé mosaïque reçoit le tableau de loge, pivot des déplacements dans la salle.

La BnF signale encore une corde à nœuds le long du mur occidental, des épées aux murs, des fils à plomb suspendus au centre au-dessus du tableau, et, sur l’estrade présidentielle, des objets rituels comme l’épée flamboyante et la truelle. Les voûtes étoilées et les fresques du zodiaque se répandent au XIXe siècle et dans l’entre-deux-guerres.

Le temps de la loge

La loge a aussi son temps propre. La réunion rituelle s’appelle une tenue ; elle est présidée par le Vénérable, à l’Orient. Symboliquement, les travaux s’ouvrent à midi et se ferment à minuit. Les loges des trois premiers grades (apprenti, compagnon, maître) sont appelées « loges bleues ».

Comment « lire » une loge

Pour comprendre un temple sans tomber dans le « tout veut tout dire », une méthode simple fonctionne bien :

  1. Repérez l’orientation : où est l’Orient, où est l’entrée ?
  2. Trouvez le centre : le tableau de loge et le pavé mosaïque.
  3. Listez les symboles avant de les interpréter : colonnes, astres, outils, pierres.
  4. Cherchez une source quand vous attribuez un sens à un symbole.
  5. Acceptez la diversité : la BnF parle de « langages » maçonniques, au pluriel. D’un rite à l’autre, les détails changent.

Pour découvrir chaque symbole un par un, partez du guide Le symbolisme en franc-maçonnerie, et pour l’histoire générale, du guide complet de la franc-maçonnerie.

Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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