Vous pouvez avoir la pierre la mieux taillée du monde, vérifiée à l’équerre, au niveau et au fil à plomb… tant qu’elle n’est pas liée aux autres, vous n’avez pas un mur. Vous avez un tas de cailloux. C’est là qu’intervient la truelle, l’outil qui étale le mortier et transforme des pierres isolées en édifice.

Planche « Architecture, maçonnerie » du XVIIIe siècle représentant des outils de maçon
« Architecture, maçonnerie », planche I, gravure de Bénard (XVIIIe siècle). Wellcome Collection, domaine public.

De l’outil au symbole

Le passage du sens concret au sens symbolique est ici très direct. L’Encyclopedia Masonica le résume ainsi : les maçons de métier utilisaient la truelle pour étaler le ciment qui fait des différentes parties d’un bâtiment une seule masse. En franc-maçonnerie spéculative, elle enseigne à répandre « le ciment de l’affection et de la bienveillance » qui unit la famille maçonnique dans l’amour fraternel.

Côté français, la BnF cite parmi les symboles des loges, à côté de la pierre et des outils, le « ciment » qui unit les frères. L’image est la même : la fraternité comme liant.

Le dernier outil de la chaîne

L’Encyclopedia Masonica propose une jolie progression entre les grades : l’apprenti façonne les matériaux bruts avec le maillet et la jauge ; le compagnon les met en place avec le fil à plomb, le niveau et l’équerre ; le maître examine l’ouvrage et le fixe définitivement avec la truelle. C’est pourquoi, selon cette encyclopédie, la truelle est l’outil de travail du maître.

Attention, ce n’est pas universel. Dans le rite anglais Émulation, les outils du maître sont le cordeau (skirret), le crayon et le compas : la truelle n’y figure pas. Et en France, l’historien Michel Taillefer la cite parmi les outils représentés sur le tableau de loge d’apprenti. Même outil, places différentes : un bon exemple de la diversité des rites.

Dans le temple

La truelle ne reste pas dans la boîte à outils. Dans sa présentation des temples maçonniques français, la BnF mentionne, parmi les objets rituels posés sur l’estrade présidentielle, l’épée flamboyante et la truelle.

Pourquoi ce symbole parle autant

Tous les autres outils parlent du travail que chacun fait sur lui-même. La truelle est le seul qui parle explicitement des autres. C’est elle qui rappelle que le but n’est pas de devenir une belle pierre isolée, mais de prendre sa place dans un ensemble. On retrouve la même idée, sous une forme vivante, dans la chaîne d’union.

Pour replacer la truelle parmi tous les autres symboles, voyez le guide Le symbolisme en franc-maçonnerie.

Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

Voir tous les articles