S’il y a un symbole maçonnique qui brille, au sens propre, c’est bien celui-là. L’étoile flamboyante est une étoile à cinq branches entourée de rayons, qui porte souvent en son centre la lettre G. Elle est indissociable du deuxième grade, celui de compagnon. Et elle a reçu, au fil des siècles, une étonnante variété d’explications.

Gravure de l'Adoration des Mages : les trois rois apportent leurs présents à l'Enfant Jésus
L’Adoration des Mages, gravure de N. Dorigny d’après C. Maratta. Wellcome Collection, domaine public. L’une des lectures anciennes voit dans l’étoile flamboyante l’étoile de Bethléem.

Au centre de la loge dès 1730

L’étoile apparaît très tôt. Dans le catéchisme publié par Samuel Prichard en 1730, Masonry Dissected, le « mobilier » de la loge comprend trois éléments : le pavé mosaïque, l’étoile flamboyante et la bordure dentelée (indented tarsel). Le pavé est le sol de la loge, l’étoile en est le centre, la bordure l’entoure.

Le chercheur Shawn Eyer, qui a étudié ce trio, cite aussi le récit portugais de John Coustos, en 1743, qui décrit un dessin tracé à la craie blanche sur le sol de la loge, avec des bordures et une étoile flamboyante portant un G.

L’emblème du compagnon

En France, la BnF présente l’étoile flamboyante avec la lettre G comme l’emblème du compagnon, le G signifiant la géométrie, mais aussi la gnose et la connaissance. L’historien Michel Taillefer la signale aussi sur le tableau de loge d’apprenti du XVIIIe siècle, avec sa lettre G.

Cinq branches, et pas six

L’étoile maçonnique a cinq pointes, ce qui la distingue de l’étoile à six branches de l’héraldique, selon l’Encyclopedia Masonica. La BnF, de son côté, évoque le pentagramme, l’étoile à cinq branches, comme un médiateur entre ciel et terre qui relie le cercle et le carré, et le rapproche du nombre d’or. Elle mentionne aussi un ouvrage, L’Alchimie du maçon, qui fait correspondre ses branches aux étapes de l’œuvre alchimique. Une lecture parmi d’autres, qui montre bien comment la franc-maçonnerie a pu croiser d’autres traditions comme l’alchimie.

Une étoile, mille lectures

C’est là que ça devient passionnant. Selon les auteurs et les époques, l’étoile flamboyante a été lue comme :

  • la Providence divine, dans les leçons de Thomas Smith Webb et dans plusieurs degrés du Rite écossais ;
  • l’étoile de Bethléem, qui guida les Mages, chez Dunckerley ;
  • la Prudence, chez Hutchinson ;
  • la Beauté, sur un tableau de loge ancien décrit par Oliver ;
  • le Soleil, dans les leçons de Hemming adoptées par la Grande Loge d’Angleterre en 1813 ;
  • Dieu lui-même, lecture que l’Encyclopedia Masonica retient pour sa part.

Shawn Eyer montre que le trio pavé-étoile-bordure a lui aussi été lu différemment : dans le travail américain, l’étoile y figure la Providence, tandis que dans le rite Émulation le centre représente le Soleil, la bordure les planètes et le pavé la matière.

Vous voyez le principe : plutôt que de chercher LA bonne réponse, mieux vaut voir l’étoile comme une lumière que chaque époque a interprétée avec ses propres mots. Elle répond, dans la loge, au delta lumineux et au couple Soleil-Lune. Pour la vue d’ensemble, voyez le guide du symbolisme maçonnique.

Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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