Quinze planches, pas une phrase d’explication, un auteur qui signe « Altus » et cache son nom dans une anagramme : le Mutus Liber, publié à La Rochelle en 1677, est le livre d’alchimie qui en dit le plus en se taisant. Qui l’a fait, que montre-t-il, et pourquoi fascine-t-il encore ?
Un roi et une reine qui se rencontrent, se déshabillent, s’unissent dans un bain, meurent ensemble et renaissent en un seul être à deux têtes. Publié à Francfort en 1550, le Rosarium philosophorum raconte le Grand Œuvre en vingt gravures sur bois, et Jung y a vu une carte de l’âme.
Œuvre au noir, au blanc, au jaune, au rouge : le Grand Œuvre des alchimistes se raconte en couleurs. D’où viennent ces étapes, pourquoi le jaune a-t-il presque disparu, que signifient la queue de paon et les douze portes de Ripley ? Le point, sans jargon inutile.
Un écrivain public parisien, une épouse nommée Pernelle, une pierre tombale au musée de Cluny… et un livre mystérieux d’Abraham le Juif, la pierre philosophale et l’immortalité. Entre 1418 et Harry Potter, Nicolas Flamel est devenu le plus célèbre des alchimistes. Ce qu’il n’a sans doute jamais été.
Près de trois mille traités sous un seul nom, un maître qui serait l’imam Ja’far al-Sadiq, la théorie du soufre et du mercure et le mot « élixir » : Jabir ibn Hayyan est le géant de l’alchimie arabe. Petit problème : il n’est pas sûr qu’il ait existé. Enquête sur Jabir, puis sur son double latin, Geber.
Un Égyptien de langue grecque, une élève exigeante nommée Théosébie, des alambics décrits pièce par pièce et des rêves où des hommes bouillent dans un autel en forme de coupe. Vers l’an 300, Zosime de Panopolis signe les plus anciens écrits d’alchimie dont on connaisse l’auteur.
Au XIXe siècle, Hermès revient en force, mais dans des habits neufs : Hermetic Society, Ordre hermétique de la Golden Dawn, Kybalion… Que reste-t-il des textes antiques dans cet « hermétisme » des occultistes ? Démêlons l’héritage réel et les réinventions.
En 1614, un érudit protestant réfugié à Londres consacre une vingtaine de pages à Hermès Trismégiste. Verdict : le « contemporain de Moïse » écrit le grec des premiers siècles de notre ère. Portrait d’Isaac Casaubon, le philologue qui a fait tomber Hermès de son piédestal.
