Un Soleil où galope un enfant nu, une Étoile habitée par un savant, une Maison-Dieu sans maison… Gravé à Paris vers 1650, le tarot de Jacques Viéville ressemble au tarot de Marseille, jusqu’à ce qu’on regarde de plus près.
Gravé à Lyon au début du XVIIIe siècle, marqué « F. P. Le Trange » sur plusieurs cartes, le tarot de Jean Dodal est l’un des plus anciens tarots de Marseille complets. Et il était fabriqué pour partir à l’étranger.
Un roi fou, un peintre parisien payé 56 sols en 1392, et 17 cartes dorées à la BnF : pendant deux siècles, on a cru tenir le plus vieux tarot de France. Sauf que ces cartes ont été peintes à Florence, soixante ans plus tard. Enquête sur le tarot dit de Charles VI.
40 atouts au lieu de 22, les signes du zodiaque, les quatre éléments, et un Fou qui ne se laisse jamais prendre : les minchiate sont le tarot géant de Florence. Un jeu qui a dominé l’Italie au XVIIIe siècle avant de disparaître presque totalement.
Ils portent le nom d’un grand peintre qui ne les a pas gravés, et celui d’un jeu auquel ils n’ont jamais servi. Les « tarots de Mantegna » sont 50 gravures de la Renaissance qui racontent l’ordre du monde, du mendiant jusqu’à Dieu.
Nabuchodonosor en atout, Alexandre le Grand en roi d’Épées et des petites cartes enfin illustrées : gravé vers 1490, le tarot Sola Busca est le plus ancien tarot complet de 78 cartes. Et il a peut-être inspiré le Rider-Waite-Smith, quatre siècles plus tard.
Un marchand d’estampes parisien qui signe à l’envers, un « Livre de Thot » sorti tout droit de l’égyptomanie, et 78 cartes pensées dès le départ pour lire l’avenir. Le tarot d’Etteilla, publié en 1789, est l’ancêtre de tous les tarots divinatoires.
Hermès Trismégiste, les alchimistes, les Rose-Croix, les illuministes, les mages du XIXe siècle… L’ésotérisme occidental a une histoire, faite de grandes périodes et de grandes figures. Voici la carte pour s’y retrouver, et comprendre comment un auteur peut marquer des siècles de littérature ésotérique.
