La plupart des symboles maçonniques se regardent : on les voit sur un tableau, un tablier, un mur. La chaîne d’union, elle, se vit. À certains moments du rituel, les francs-maçons forment un cercle et se donnent la main. Pas de discours, pas d’objet : juste des mains qui se tiennent. C’est sans doute le symbole le plus simple de la franc-maçonnerie, et l’un des plus forts.

Gravure ancienne d'une réunion de francs-maçons en loge, les membres accomplissant un rituel
Réunion d’une loge maçonnique, eau-forte de Charles Ewart d’après William Stewart Watson. Wellcome Collection, domaine public.

Comment se forme la chaîne

Il en existe deux formes principales :

  • la chaîne courte : les participants se serrent les uns contre les autres, les bras croisés devant la poitrine, le droit sur le gauche, et se donnent la main ;
  • la chaîne longue : les bras ne sont pas croisés ; la main droite donne, paume vers le bas, la main gauche reçoit, paume vers le haut. On l’utilise pour les grandes assemblées ou certaines cérémonies, comme les initiations.

La chaîne se forme à des moments précis du rituel, qui varient selon les rites : lors de l’accueil d’un nouvel initié, à la clôture des travaux, et même lors des banquets rituels, où l’on se sert parfois de sa serviette. Et quand elle se termine, on dit qu’elle est « ouverte », pas « rompue », souvent par trois mouvements des bras : pour signifier que le lien, lui, demeure.

Une corde, des lacs d’amour

La chaîne d’union a son équivalent visible dans la loge : la corde à nœuds. La BnF explique que la corde nouée qui borde le tableau de loge évoque la chaîne d’union, et que la « cordelette des lacs d’amour » représente la chaîne de fraternité qui unit les maçons. La corde montre en permanence ce que la chaîne fait vivre quelques instants.

D’où vient-elle ?

C’est là que les choses se compliquent. L’article Wikipédia consacré à la chaîne d’union la rattache au manuscrit d’Édimbourg de 1696, l’un des plus anciens documents rituels connus, et cite une chanson des Constitutions d’Anderson (1723) sur l’union fraternelle. Je n’ai pas pu vérifier que ces textes décrivent précisément le geste de la chaîne d’union tel qu’il est pratiqué aujourd’hui : je présente donc ces rattachements avec prudence. L’article évoque aussi des racines plus lointaines, égyptiennes ou phéniciennes, qui relèvent davantage de la spéculation que de l’histoire documentée.

Ce qu’elle symbolise

Le sens premier fait l’unanimité : la chaîne d’union symbolise la fraternité universelle. Chaque maçon est un maillon, relié physiquement à ses voisins. Plusieurs auteurs maçonniques vont plus loin et parlent d’une énergie partagée, d’une « égrégore », l’esprit collectif de la loge, censé rayonner ensuite vers le monde extérieur. C’est une lecture spirituelle, propre à certains courants, et non un fait vérifiable.

Ce qui me frappe, c’est que la chaîne d’union clôt souvent un parcours entièrement fait de symboles d’outils et de pierres par un geste purement humain. Comme si, après toute cette architecture, la franc-maçonnerie rappelait que le vrai temple, ce sont les gens. On retrouve la même idée avec la truelle, qui lie les pierres entre elles. Pour la vue d’ensemble, voyez le guide du symbolisme maçonnique.

Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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