Une croix couchée en X, blanche sur fond bleu : c’est le drapeau de l’Écosse, et c’est aussi la croix de Saint-André. On la retrouve sur les panneaux de passage à niveau, dans les blasons et dans l’iconographie des églises. Derrière ce X, il y a un apôtre, une légende de bataille… et une petite surprise historique.

Drapeau de l'Écosse : croix de Saint-André blanche en X sur fond bleu
Le drapeau de l’Écosse, ou « Saltire » (image : Wikimedia Commons)

Une croix en forme de X

La croix de Saint-André est formée de deux branches obliques qui se croisent en diagonale. Les historiens la nomment crux decussata, d’après le decussis, le signe romain du nombre 10 (X), explique l’Encyclopædia Britannica. En héraldique, on parle de sautoir ; les Écossais disent saltire.

Saint André, le « premier appelé »

André est l’un des douze apôtres et le frère de Pierre. Dans l’Évangile selon Jean, il est le premier disciple à suivre Jésus, d’où le surnom que lui donne la tradition byzantine : prôtoklètos, « le premier appelé ». Selon la Britannica, il serait mort à Patras, en Grèce, vers 60-70 de notre ère. Il est aujourd’hui le saint patron de l’Écosse et de la Russie, entre autres.

Crucifié sur un X ? Une tradition tardive

C’est ici que l’histoire devient intéressante. La Britannica indique qu’un récit du IVe siècle rapporte la mort d’André par crucifixion, mais que la précision d’une croix en forme de X relève d’ajouts de la fin du Moyen Âge. Les premiers textes, comme les Actes d’André connus de Grégoire de Tours au VIe siècle, le décrivent même attaché, et non cloué, à une croix. L’historienne Ursula Hall a consacré un livre entier à cette question : selon elle, le lien entre le saint et la croix en X n’apparaît pas dans le culte primitif d’André.

Une explication pieuse s’est ensuite imposée : par humilité, André n’aurait pas voulu mourir sur une croix semblable à celle du Christ. C’est la même logique que pour la croix de Saint-Pierre, retournée la tête en bas. Retenez donc qu’il s’agit d’une tradition, pas d’un fait historique établi.

Pourquoi l’Écosse ?

Deux légendes expliquent le lien entre André et l’Écosse.

  • Les reliques. Un moine grec, saint Règle (ou Regulus), aurait reçu en vision l’ordre d’emporter des reliques d’André « au bout du monde ». Il aurait débarqué sur la côte du Fife, à l’endroit où s’élève aujourd’hui la ville de St Andrews.
  • La bataille d’Athelstaneford. Selon la tradition, vers 832, le roi picte Angus mac Fergus, menacé par une armée d’Angles plus nombreuse, aurait vu dans le ciel bleu une croix blanche en X formée par les nuages. Il aurait promis de faire d’André le patron de son royaume en cas de victoire. Les Pictes et les Scots l’emportèrent, et le X blanc sur fond bleu devint leur emblème. C’est ce que raconte le Scottish Flag Trust, qui gère un centre consacré au drapeau dans le village d’Athelstaneford.

Ces récits sont des légendes fondatrices : aucune source contemporaine de 832 ne les confirme. Ce qui est sûr, c’est que le Saltire est devenu l’un des plus anciens drapeaux nationaux encore utilisés.

Une croix qui voyage

Les reliques d’André ont beaucoup bougé : selon saint Jérôme, cité par la Britannica, elles furent transférées de Patras à Constantinople en 357 sur ordre de l’empereur Constance II, puis à Amalfi en 1208. En 1964, le pape Paul VI a rendu la tête du saint à Patras, en signe de bonne volonté envers les chrétiens orthodoxes de Grèce.

La croix en X a aussi pris une couleur politique ailleurs. La maison de Bourgogne en a fait son emblème, la fameuse « croix de Bourgogne » aux branches noueuses. C’est d’ailleurs contre Charles le Téméraire, qui arborait ce symbole, que René II de Lorraine fit triompher sa croix à double traverse à Nancy en 1477 (voir la croix de Lorraine). Enfin, la Russie impériale a fait de l’ordre de Saint-André sa plus haute distinction, et certains interprètes voient dans la traverse inclinée de la croix orthodoxe un rappel de la croix d’André.

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Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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