En Égypte, il suffit parfois de regarder un poignet pour savoir à qui l’on a affaire : une petite croix tatouée à l’intérieur du poignet droit signale un chrétien copte. La croix copte est bien plus qu’un motif : c’est un signe d’identité porté par l’une des plus anciennes Églises du monde. Et son histoire commence avec un symbole… pharaonique.

Croix copte
Une des formes appelées « croix copte » : branches égales, cercle central et quatre clous, d’après le dessin publié par Rudolf Koch dans Le Livre des signes (image : Wikimedia Commons)

Qui sont les Coptes ?

Le mot « copte » dérive du grec Aigyptios, « égyptien ». Il désigne les chrétiens d’Égypte, dont l’Église principale est l’Église copte orthodoxe d’Alexandrie. C’est l’une des plus anciennes Églises chrétiennes. Les Coptes forment aujourd’hui une minorité importante en Égypte.

Quand l’ankh devient croix

Dans l’Égypte pharaonique, l’ankh est le hiéroglyphe de la vie : une sorte de croix en T surmontée d’une boucle. Selon l’Encyclopædia Britannica, ce symbole, appelé en latin crux ansata (« croix à anse »), a été adopté et très largement utilisé sur les monuments des chrétiens coptes. On en trouve par exemple sur des reliefs liturgiques et des stèles funéraires des premiers siècles chrétiens.

Le choix n’a rien d’étonnant : un signe qui voulait dire « vie » s’accordait bien avec la foi en la résurrection. Attention cependant à ne pas tout mélanger : la crux ansata copte est une adaptation chrétienne, et l’ankh pharaonique n’avait évidemment rien de chrétien à l’origine. Quant aux pendentifs « ankh » vendus aujourd’hui comme croix coptes, ils relèvent souvent plus du marché que de la tradition de l’Église.

À quoi ressemble la croix copte aujourd’hui ?

Il n’existe pas une seule croix copte. On rencontre plusieurs formes :

  • la crux ansata ancienne, héritée de l’ankh ;
  • la croix actuellement utilisée par l’Église copte orthodoxe et l’Église copte catholique , une croix aux branches égales souvent très ornée ;
  • la croix aux branches égales avec un cercle au centre et quatre clous, popularisée en Occident par le typographe Rudolf Koch dans son Livre des signes (celle de l’illustration ci-dessus). Elle est souvent présentée comme « la » croix copte, mais elle est peu présente, sous cette forme, dans la symbolique de l’Église copte elle-même.

Les prêtres coptes tiennent souvent en main une croix de bénédiction, avec laquelle ils bénissent les fidèles.

Le tatouage de la croix au poignet

C’est sans doute la tradition la plus frappante. De nombreux Coptes portent une petite croix tatouée à l’intérieur du poignet droit, souvent faite dès l’enfance.

D’où vient cet usage ? Les explications varient. Le diocèse de Brooklyn (The Tablet) cite l’historien égyptien al-Maqrîzî, qui écrivait au XVe siècle et rattachait l’origine de ce tatouage à la période qui suit la conquête arabe, pour distinguer ceux qui étaient restés chrétiens de ceux qui s’étaient convertis à l’islam. Le média Egyptian Streets (2022) rapporte que la pratique se serait développée après la conquête de 640 environ, la croix marquant ceux qui refusaient de se convertir et devaient payer un impôt spécifique. Aujourd’hui, pour les Coptes interrogés par ces médias, ce tatouage est surtout un signe de fierté, de mémoire et de fidélité.

Le tatouage permettait aussi, dans certaines églises, de prouver son appartenance pour y entrer. À Jérusalem, la famille Razzouk tatoue depuis des générations les pèlerins coptes et chrétiens : Wassim Razzouk se présente comme le 27e de sa lignée à exercer ce métier.

Une famille de croix africaines

Les chrétiens d’Éthiopie et d’Érythrée ont, eux aussi, adopté la crux ansata héritée de l’ankh. Leurs croix, aux formes ajourées spectaculaires, sont donc des cousines des croix coptes : découvrez-les dans notre article sur la croix éthiopienne. Pour la forme en T qui se cache dans l’ankh, voyez aussi la croix en tau.

✝️ La série sur les croix chrétiennes

Pour avoir la vue d’ensemble, commencez par l’article principal : La croix chrétienne : histoire, formes et symboles.

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Sources

  • Encyclopædia Britannica, « Cross (religious symbol) », consulté en octobre 2026 : britannica.com/print/article/144028
  • Farah Rafik, « The Story Behind the Coptic Cross Tattoo », Egyptian Streets, 28 février 2022 : egyptianstreets.com
  • The Tablet (diocèse de Brooklyn), « Faith & Identity: The History Behind Coptic Cross Tattoos » : thetablet.org
  • Time Out Israel, « Inked in legacy: an interview with Wassim Razzouk, Coptic tattoo artist » : timeout.com
  • Wikipédia (en), « Coptic cross » et « Christian cross variants », consultés en octobre 2026 : en.wikipedia.org/wiki/Coptic_cross
  • Image : « Coptic cross.svg », Wikimedia Commons (forme d’après Rudolf Koch).

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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