Pour entrer dans une loge maçonnique, il faut passer entre deux colonnes. Elles portent les lettres J et B, pour Jakin (ou Jachin) et Boaz. On les retrouve sur les tableaux de loge, les tabliers, les diplômes… Autant dire qu’elles sont partout. Mais d’où viennent-elles, et que signifient leurs noms ?

Gravure coloriée représentant une reconstitution du Temple de Salomon à Jérusalem
Le Temple de Salomon à Jérusalem, gravure coloriée, vers 1804-1811. Wellcome Collection, domaine public.

Deux colonnes de bronze dans la Bible

Tout part du récit biblique de la construction du Temple de Jérusalem. Le premier livre des Rois raconte que Salomon fait venir de Tyr un artisan nommé Hiram, qui coule deux colonnes de bronze et les dresse devant le portique du Temple. Il nomme celle de droite Jakin, et celle de gauche Boaz (1 Rois 7, 21). Le deuxième livre des Chroniques (3, 17) reprend la même disposition, de part et d’autre de l’entrée.

Cet Hiram est l’ancêtre biblique du héros de la légende d’Hiram, centrale au grade de maître. Les colonnes et le personnage font donc partie d’un même décor : le chantier du Temple de Salomon, modèle architectural de toute la franc-maçonnerie.

Que veulent dire leurs noms ?

Les traductions annotées de la Bible proposent un sens couramment admis : Jakin signifie « il établit » ou « il affermit », et Boaz « en lui est la force ». Ce duo, la stabilité et la force, explique pourquoi les commentaires maçonniques associent volontiers ces colonnes à l’idée d’une entrée solidement fondée. C’est une lecture répandue, appuyée sur les traductions, pas une définition officielle.

Dans les rituels de 1730

Les colonnes sont présentes dès les premiers textes rituels imprimés. Dans Masonry Dissected (1730), Samuel Prichard rapporte que l’apprenti apprend le mot « Boaz », auquel répond « Jachin ». Le compagnon décrit les colonnes « J. B. » comme hautes de dix-huit coudées et larges de douze coudées de circonférence, surmontées de chapiteaux de cinq coudées.

Un seuil à franchir

Dans la loge, les deux colonnes encadrent l’entrée. Pour la BnF, le porche du Temple de Salomon et ses colonnes J et B figurent le seuil que le profane doit franchir pour devenir initié. Chaque initié passe entre elles. Dans les temples français, l’historien Michel Taillefer décrit la colonne B au midi et la colonne J au septentrion. La BnF note que, dans l’aménagement de la fin du XXe siècle, des grenades surmontent les colonnes de l’entrée, comme les chapiteaux bibliques ornés de grenades.

Gardez en tête que la disposition exacte des colonnes (laquelle à droite, laquelle à gauche, et vue depuis où) varie selon les rites. Je ne sais pas vous donner une règle unique valable partout.

Des colonnes qui changent de nom

Détail passionnant rapporté par la BnF : dans les hauts grades, les colonnes Jakin et Boaz sont parfois réinterprétées comme les colonnes de Seth ou d’Hermès. Au 21e degré (Noachite ou Chevalier prussien), la colonne devient même une colonne de marbre blanc qui renferme les secrets de la création. Un même symbole, plusieurs histoires.

À ne pas confondre avec les trois piliers Sagesse, Force et Beauté, qui soutiennent symboliquement la loge. Pour la vue d’ensemble, voyez le temple maçonnique et le guide du symbolisme maçonnique.

Sources

À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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