Emplacement :Dahchour (Pyramide Rhomboïdale et Pyramide Rouge) ; Meïdoum (pyramide attribuée puis achevée sous Snéfrou)
Date estimée de construction :vers 2600–2570 av. J.-C.
Pharaon à qui elles sont destinées :Snéfrou, fondateur de la IVe dynastie
Type de pyramide :Pyramide à degrés transformée (Meïdoum), pyramide à faces lisses expérimentale (Rhomboïdale), pyramide à faces lisses aboutie (Rouge)
Hauteurs :Meïdoum ~93 m ; Rhomboïdale ~104 m ; Rouge ~104 m
Bases :Meïdoum ~144 m ; Rhomboïdale ~188 m ; Rouge ~220 m
Particularité :Snéfrou est le seul pharaon à avoir construit trois pyramides majeures, représentant l’évolution complète de l’architecture pyramidale
État actuel :Meïdoum : partiellement effondrée ; Rhomboïdale : très bien conservée ; Rouge : première pyramide parfaite encore debout

Snéfrou : le roi-bâtisseur qui inventa la pyramide

Avant Khéops, avant Gizeh, avant les silhouettes parfaites qui fascinent le monde, il y avait Snéfrou.
Premier roi de la IVe dynastie, souverain visionnaire, il fut le seul pharaon de l’histoire à bâtir trois pyramides monumentales.
Chacune est une étape, un chapitre, une expérimentation.
Avec Snéfrou, l’Égypte cherche, tente, corrige, s’élève… et finit par trouver la forme sacrée : la pyramide parfaite.

Ses monuments ne sont pas seulement des tombes : ce sont les manuscrits en pierre d’une révolution architecturale.

Meïdoum : le premier rêve, effondré mais fondateur

La pyramide de Meïdoum, en Moyenne-Égypte, est souvent attribuée à Houni… mais son architecture et son massif parement témoignent d’une réalité plus nuancée.
C’est sous Snéfrou que la pyramide à degrés originelle est transformée en une pyramide à faces lisses.
Une métamorphose ambitieuse, trop ambitieuse, peut-être. Car Meïdoum s’effondre très tôt.

Sa silhouette actuelle, un noyau étroit surgissant du sable, ressemble à un minaret de pierre brisée.
Mais derrière cet échec se cache un moment décisif :
c’est ici que les architectes de Snéfrou apprennent à gérer le poids, l’inclinaison, la pression interne.
Meïdoum est un laboratoire à ciel ouvert, le premier pli d’un savoir en train de naître.

La Pyramide Rhomboïdale : l’audace et la correction

À Dahchour surgit ensuite l’un des monuments les plus mystérieux d’Égypte : la pyramide rhomboïdale, appelée aussi « la Pyramide Brisée ».
Son angle change à mi-hauteur, donnant au monument une silhouette étrange, presque vivante.
Ce n’est pas une erreur :
c’est un changement de plan en cours de chantier, probablement pour éviter un effondrement similaire à celui de Meïdoum.

La rhomboïdale est fascinante parce qu’elle montre le travail en direct des bâtisseurs :
– essais d’inclinaison,
– calculs ajustés,
– renforcement des chambres intérieures,
– perfectionnement du parement.

Et fait exceptionnel :
c’est la seule pyramide d’État dont le parement de calcaire blanc est encore presque complet.
Un miracle architectural, rescapé des millénaires.

La Pyramide Rouge : la première pyramide parfaite

Après les échecs et les hésitations, vient la réussite totale.
Toujours à Dahchour, Snéfrou fait ériger la Pyramide Rouge, ainsi nommée pour la teinte ferrugineuse de ses blocs.
Avec ses 104 mètres de hauteur et ses 220 mètres de base, c’est la première pyramide véritablement achevée selon le modèle qui sera utilisé pour Khéops.

Ses angles sont stables.
Son plan est cohérent.
Ses chambres sont solides.
Le monument respire la maîtrise.

La Pyramide Rouge est le chef-d’œuvre silencieux de Snéfrou —
moins célèbre que Gizeh, mais tout aussi révolutionnaire.
C’est ici que naît la géométrie sacrée qui dominera toute la IVe dynastie.

Trois pyramides pour un seul roi : pourquoi ?

Snéfrou est un souverain hors norme.
Personne, avant ou après lui, n’a jamais commandé un tel ensemble de monuments funéraires.
Et les raisons sont multiples :
– une longue durée de règne,
– une rivalité symbolique avec les ancêtres,
– l’essor du culte solaire,
– une volonté de perfection technique,
– une idéologie royale en pleine mutation.

Snéfrou ne cherche pas seulement à se faire bâtir un tombeau :
il explore les possibilités du sacré, comme un architecte inspiré par le divin.

Héritage : sans Snéfrou, il n’y aurait pas Khéops

La pyramide de Khéops n’aurait jamais existé sans les tentatives de Snéfrou.
Meïdoum, la Rhomboïdale, la Rouge : trois étapes, trois essais, trois révélations.
Elles forment l’ADN des grandes pyramides.

Snéfrou n’est pas seulement un roi :
c’est l’inventeur de la pyramide parfaite,
le fondateur de l’école architecturale de l’Ancien Empire,
le père spirituel des géants de Gizeh.

Dans les sables de Dahchour et de Meïdoum, ses monuments se dressent encore, comme les trois chapitres d’un même récit initiatique.
Un récit où la pierre hésite, s’effondre, reprend forme, puis enfin : atteint l’équilibre céleste.

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Institutions et revues francophones

Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO)

Bulletin de l’IFAO (BIFAO)

Département des Antiquités égyptiennes du Louvre

Revue Égypte, Afrique & Orient

Association d’égyptologie Kemet (ressource francophone sérieuse)

Ouvrages de référence (pages éditeurs / libraires)

Nicolas Grimal – Histoire de l’Égypte ancienne (Fayard)

Pierre Tallet & Mark Lehner – Les papyrus de la mer Rouge

(= volume grand public sur Merer et la construction de la pyramide de Khéops)

Article scientifique sur les papyrus de Wadi el-Jarf (Merer)

Michel Valloggia – Au cœur d’une pyramide. Une mission archéologique en Égypte

I.E.S. Edwards – Les pyramides d’Égypte (trad. française)

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À propos de l'auteur

Tony

Créateur et animateur de la chaine youtube mysteria, je navigue entre ésotérisme, occultisme, archéologie alternative, spiritualité etc. J'essaie de traiter tous ces sujets passionnants avec une juste dose d'esprit critique, pour explorer les mondes immatériels tout en gardant les pieds sur terre.

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