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Le nouveau monde

En finir avec BigPharma

Temps de lecture : 10 minutes

Dans l’article sur les assurances, je dis qu’il est anormal qu’une loi oblige un particulier à donner de l’argent à une société privée. Et bien il y a une activité qui me semble encore plus malsaine, celle des laboratoires pharmaceutiques, particulièrement le BigPharma !

Dans cet article, je vais me concentrer sur la fabrication et la vente de médicaments. C’est un sujet extrêmement important dans le nouveau monde car il s’agit ici d’une canalisation très importante des richesses et surtout, il y a un gros problème avec la morale de ce business !

Comment ça fonctionne ?

Pour bien comprendre la place des laboratoires pharmaceutiques, je vous ai fait un schéma repris de cette vidéo faite par le youtuber Fodil M. La lecture commence depuis le bas.

Pour résumer :

  • Le malade : une personne qui a besoin de se faire soigner, va voir un médecin qui lui prescrit des médicaments.
  • La sécurité sociale : elle rembourse les médicaments que le médecin a prescrit au patient.
  • Les organismes d’Etat : pour garantir la bonne tenue du système de santé français, avant qu’un médicament soit commercialisé, il doit passer par 3 organismes : l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), la haute Autorité de Santé (HAS) et le Comité économique des Produits de Santé (CEPS). Ce dernier est responsable du négocier le prix des médicaments.
  • Les laboratoires : ils sont responsables de 3 choses : la recherche, la fabrication et la commercialisation des médicaments. Une grande partie des recettes des laboratoires sont reversées aux actionnaires sous formes de dividendes.
  • Les actionnaires : il s’agit de particulier ou de grands groupes industriels. Ils investissent des actions dans un laboratoires et en échanges ils perçoivent des dividendes.
  • L’Etat : Il régule l’ensemble de cette activité en finançant une partie de la recherche et en mettant en place des organismes comme cités plus haut.

Voilà pour les présentations officielles. Maintenant je vais ajouter un petit détail qui rend cette activité terriblement immorale !

Les laboratoires pharmaceutiques sont responsables de la commercialisation des médicaments, mais en France, il est interdit de faire de la publicité auprès du grand public pour un médicament remboursé par la Sécurité sociale. Du coup, la commercialisation devient du lobbying intensif, voyons ça en détail.

La puissance du lobbying

En France, tous les médecins qui reçoivent de l’argent de la part des laboratoires pharmaceutiques doivent le déclarer et on peut consulter tout ça sur la plateforme transparence santé. De 2012 à 2019, plus de 16 millions de liens d’intérêt ont été déclarés entre professionnels de santé et laboratoires, pour un montant de plus de 5 milliards d’euros !

Il y a 3 types de financement :

  • Cadeaux et avantages, par exemple des repas, des transports, des hébergements etc.
  • Rémunération en contrepartie d’un travail réalisé pour les laboratoires.
  • Rémunération des interventions pendant les colloques et congrès.

Les laboratoires pharmaceutiques font du lobbying sur trois grands aspects :

  • Les professionnels de santé : ils leur paient différents avantages et les invitent dans des congrès et autres colloques dans le but de leur présenter les nouveaux produits et les inciter à vendre certains médicaments.
  • L’Etat français : ils font du lobbying sur le gouvernement dans le but de se faire financer des recherches, d’obtenir de crédits d’impôt et d’aller vers plus de privatisation.
  • Les organismes d’Etat : c’est peut être bien ici que le lobbying est le plus immoral. Le but est de soudoyer ces organismes pour accélérer la mise en vente d’un médicament, de le vendre à un prix exorbitant etc.

Au delà de tout ça, le business sur la santé pose un très gros problème éthique. Plus il y a de malades, plus les laboratoires et leurs actionnaires gagnent de l’argent. Dans un monde capitaliste comme le nôtre, il est indispensable d’avoir ce détail à l’esprit. On peut aussi se demander s’ils ont vraiment intérêt à nous soigner : plus de malades, plus d’argent, quel intérêt ?

Le prix des médicaments

Dans le coût de fabrication des médicaments, le plus gros poste de dépense est celui de la recherche, ensuite celui de la commercialisation (entendez lobbying) et enfin la plus petite part de dépense, c’est la fabrication.

L’Etat finance une partie de la recherche, offre des crédits d’impôt et les laboratoires ramassent les bénéfices, quel beau système !

Les produits qui coûtent les plus chers ne sont pas ceux que vous allez chercher en pharmacie, mais ceux qui sont donnés directement dans les hôpitaux, traitement pour les MST, le cancer, l’hépatite C, etc. Prenons un exemple de médicament pour nous rendre compte de la perversité de ce système, le Sovaldi du laboratoire Gilead.

C’est un traitement contre l’hépatite C dont le coût de fabrication totale est estimé entre 75 € et 200 €. Prenons le maximum estimé et disons que la recherche, la fabrication et le lobbying ont coûté en tout 200 € pour ce traitement qui dure 3 mois.

Vous savez combien il est facturé à la sécurité sociale en France ? 28 732 € ! Oui oui, vous avez bien lu, 28 732 € ! Donc, un comprimé qui ne coute que 7€ à fabriquer est revendu 1026€ ! Et le pire, c’est que la France est le pays qui a le mieux négocié le prix du traitement, il est plus cher partout en Europe !

Si vous cherchez le trou d’la Sécu, il est dans les poches de Gilead !

Evidemment, c’est un exemple extrême (même si ce n’est pas le seul), tous les médicaments ne présentent pas une marge aussi colossale, mais peu importe, cet exemple est suffisant pour mettre en place une solution radicale !

Quelle solution ?

Comme pour beaucoup de problèmes, la meilleure solution, c’est la nationalisation ! En plus des laboratoires, je pense qu’il faut nationaliser les pharmacies, pas forcément pour des questions financières, mais parce que je pense que toute la chaine doit être gérée par l’Etat.

Dans ce cas nous aurions une organisation de ce type :

  • Le laboratoire : il n’y aurait qu’un seul laboratoire pharmaceutique en France. Il aurait le statut de société populaire, c’est à dire qu’il appartient au peuple et est géré par l’Etat. Il s’occupe désormais de la recherche et de la fabrication.
  • La Sécurité sociale : concernant les médicaments, la sécurité sociale ne serait qu’une interface entre le laboratoire et les pharmacies. Elle s’occuperait de la gestion des stocks, des commandes, etc.
  • Les organismes : l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) et la haute Autorité de Santé (HAS) ont encore un rôle important à jouer dans ce nouveau monde. Ils doivent vérifier et valider un médicament avant de le mettre en distribution. En revanche, le comité économique des produits de santé (CEPS) n’a plus de raison d’être. Les médicaments sont produits et distribués sans intermédiaires, il n’y a donc plus besoin de négocier des tarifs.
  • Les pharmacies : comme il n’a plus la notion de vente de médicaments, la pharmacie devient simplement un point de dépôt et de distribution des médicaments. Tous les salariés des pharmacies deviendraient fonctionnaires.

Mettons à jour le schéma du début.

En retirant la notion de business de la fabrication de médicament, on obtient un système de santé beaucoup plus moral et sain.

Et financièrement ?

Le but de la nationalisation des laboratoires n’est pas de générer de l’argent, c’est justement de supprimer toute notion de profit sur le sujet de la santé.

Il y a évidemment une économie considérable à faire ! Pour reprendre l’exemple du Sovaldi, si le coût total est de 200 € pour la fabrication de ce traitement, et bien ça ne coûtera que 200 € ! Pour être précis, il faut aussi retirer de ce coût le montant du lobbying qui n’existera plus et il faut aussi prendre en compte qu’aujourd’hui la recherche est en partie financée par l’Etat. Aujourd’hui, ce traitement est acheté 28 732 €, il me semble que c’est une économie non négligeable ! Il faut évidemment prendre cette économie et la multiplier par le nombre de médicaments qui sont vendus aujourd’hui en France.

Il me manque beaucoup de chiffres pour tirer des conclusions précises, mais je me lance quand-même. L’économie réalisée sur l’achat des médicaments serait suffisante pour nationaliser toutes les pharmacies de France, passer le taux de remboursement à 100 % pour tout le monde et surtout pour en finir définitivement avec le fameux “trou d’la sécu”.

Peut être même qu’il sera possible de baisser les taxes liées à la santé…

Conclusion

Pour conclure faisons une petite liste des avantages :

  • Ce système met définitivement fin au lobbying des laboratoires pharmaceutiques car il n’y a plus d’argent en jeu.
  • Avec une “simple” nationalisation, on peut mettre fin à l’endettement de la Sécurité sociale, rembourser tous les patients à 100 % et peut-être bien baisser les taxes liées au système de santé.
  • Ça évite toute dérive comme cet enc*** de Martin Shkreli qui a multiplié le prix du Daraprim par 55, le faisant passer de 13,50$ à 750$ ! Quand on lui a demandé de s’expliquer, il a dit avec un grand sourire qu’on était dans un monde capitaliste et que ce n’était pas lui qui fixait les règles…
  • Ça permet à l’Etat d’avoir le contrôle sur le nombre de médicaments utiles ou non. C’est quelque chose dont je n’ai pas parlé dans cet article, mais qui est malheureusement très pratiqué. Plus il y a de maladies, plus il y a de médicaments ! Par exemple, concernant les troubles mentaux : dans les années 50-60 le “manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux” répertoriait 60 maladies mentales. Chaque année le nombre n’a fait qu’augmenter et aujourd’hui, il compte pas moins de 374 troubles mentaux !!! Evidemment, pour chaque trouble, il y a un médicament, sinon à quoi ça servirait d’allonger la liste ? N’importe qui lirait ce manuel se trouverait au moins une dizaine de trouble ! Il y a un TedX passionnant à ce sujet que je vous recommande de regarder : Jon Ronson : Des réponses étranges à un test pour psychopathes.
  • Ça met fin à ce système absurde de brevet sur les molécules. Je n’ai pas non plus parlé de ça, mais c’est un système qui est uniquement lié à l’argent. Un laboratoire peut travailler longtemps sur la découverte de l’efficacité d’une molécule, alors quand tout est validé, il peut déposer un brevet pour être le seul à l’exploiter pendant une certaine période (généralement 20 ans). Si le médicament va du labo au patient sans intermédiaire, il n’y a plus d’argent en jeu, donc plus besoin de déposer des brevets pour s’approprier l’exploitation commerciale d’une molécule.

Maintenant prenons le temps de lister les inconvénients :

  • Le principal inconvénient vient de ma méconnaissance du sujet. Il faut qu’un seul laboratoire soit en capacité de produire tous les traitements et médicaments nécessaires. Enfin qu’il produise les plus utiles et qu’on arrête la surproduction par la même occasion. Je ne sais pas quelle est la part de médicaments d’un laboratoire comme Sanofi sur tous les médicaments qu’on consomme en France, mais il faut obligatoirement que le labo publique de ce nouveau monde puisse tout produire.
  • Comme pour chaque nationalisation, il y a quelques actionnaires qui vont faire la gueule, mais comme le nouveau monde œuvre pour le bien commun, il faut privilégier le peuple, même si c’est au détriment d’une poignée de riches !

Si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez consulter le site Pharma Papers. Il met en lumière toutes les dérives d’un système de santé qui s’est fait manger par le capitalisme.

Plus de lobby, donc plus de corruption, un remboursement intégral, donc plus de mutuelle et potentiellement une baisse des taxes liées au système de santé… Tout ça juste en nationalisant !

Alors, c’est un bon plan ?

À propos de

Je fais de l’ésotérisme un objet d’étude et non une croyance. Je ne prétends pas savoir ce qui est vrai ni ce qui est faux, cela m’importe peu. Tout ce que je veux c'est comprendre, voilà la seule chose qui m'intéresse, comprendre.

19 Commentaires

  • Yann
    21 février 2021 at 17 h 01 min

    Pour qu’il y aie un nouveau monde, il faut d’abord un homme nouveau…

    https://www.youtube.com/watch?v=IBGFYC-n99I

    Reply
  • Alpha
    6 décembre 2020 at 16 h 19 min

    Très intéressant. Selon le principe de la polarité,(,cf Mysteria YouTube) il faut conserver la pauvreté et la richesse pour trouver l’équilibre, c’est pas gagné.

    Reply
    • Tony
      6 décembre 2020 at 17 h 28 min

      Je vois qu’on a regardé la vidéo du jour 🙂
      Effectivement la polarité pauvre / riche existera toujours. D’ailleurs on peut la combiner avec un autre principe : l’univers est fractal. Donc la pauvreté existera à l’échelle d’un village, d’une ville, d’un pays et partout dans le monde.
      Il faut juste qu’on déplace le curseur pour trouver un équilibre, parce qu’actuellement ce n’est pas équilibré du tout !

      Reply
  • Nathan Kennel
    4 décembre 2020 at 18 h 33 min

    ca serait bien un bouton pour qu’on puisse partage surles reseaux sociaux direct

    Reply
    • Nathan Kennel
      4 décembre 2020 at 18 h 34 min

      jai rien dit jai trouver , nickel sinon

      Reply
      • Tony
        6 décembre 2020 at 17 h 28 min

        Je n’ai même pas eu le temps de te répondre 🙂

        Reply
  • Dominique BERGER
    29 novembre 2020 at 11 h 40 min

    Il y a juste un hic: cette poignée de riches qui détiennent les avoirs, détiennent aussi les pouvoirs. Alors, ce n’est pas demain la veille qu’ils vont se saborder. La solution viendra de nous, choisir des médecines alternatives et plus globales. Et se soigner lorsque c’est possible avec des méthodes naturelles.

    Reply
    • Tony
      30 novembre 2020 at 19 h 10 min

      J’avoue que prendre le pouvoir ne va pas être évident…

      Reply
  • Clément
    28 novembre 2020 at 10 h 09 min

    Très enrichissant.

    Reply
    • Tony
      30 novembre 2020 at 19 h 11 min

      Merci 🙂

      Reply
  • Ejko
    27 novembre 2020 at 13 h 56 min

    En complément de ce qui est dit, je vous propose de regarder la vidéo intitulée “Budget SÉCU : Tout pour le vaccin, RIEN pour l’hôpital”
    https://youtu.be/ZPY1r_conow

    Reply
  • Poline
    27 novembre 2020 at 12 h 24 min

    Super article, je rajouterai qu’un médicament ne traite que les conséquences d’une maladie, et non les causes ! Alors revoyons le système de production et de distribution des médocs mais aussi ré inventons la manière de soigner les personnes d’une pathologie en prenant le problème à la racine !

    Reply
    • Tony
      30 novembre 2020 at 19 h 12 min

      Effectivement il va falloir plus de préventif et moins de curatif.

      Reply
      • Loran
        1 décembre 2020 at 10 h 25 min

        Pourquoi dans ce cas ne pas payer médecin et laboratoire aux résultats, mais pas à l’acte ?
        Comme disent certains, ne pas nous soigner entièrement leur permet de garder sous la main un bon vivier de personne continuellement dépend d’eux.
        A voir déjà la liste des effets secondaires de certains traitements.
        Les laboratoires prétendent que leur traitement est efficace, et bien utilisons le, et voyons le nombre de guérison totale.
        Plus les gens seront guéris, réellement, et plus alors les laboratoires seront rétribués.

        Reply
        • Freville
          6 décembre 2020 at 22 h 18 min

          “ne pas nous soigner entièrement “….Déléguer le soin à l’autre ,peut-être est-ce la la base à revoir..Prenons notre santé en main nous même en quelques questions: Que manges-tu?Pratiques tu le jeûne (qui guérit enormément)Connais tu ton corps?Sais tu respirer?As tu une activité cérébrale trop intense?et tellement d’autres..L’ignorance de notre propre pouvoir de guérison,l’ignorance de notre propre fonctionnement humain sur tant de domaines..voila le problème..Nous déléguons tout à tous et nous devenons des “PATIENTS”…qui attendent d’être soigné..
          Bien entendu, je ne fais pas de cas général..mais bien des choses et des maladies viennent de notre délégation de notre pouvoir de guérir par nous même…

          Reply
  • Loran
    27 novembre 2020 at 12 h 18 min

    Hello Tony,

    Bon plan, certes. Cela évitera de créer des “maladies” comme tu le disais. En te lisant, je pensais au cholestérol, dont le taux du “mauvais” aurait baissé, suite à la découverte d’une molécule qui agissait de la sorte.
    Ce serait donc la fin des “generiques”, puisque seul compterait la molécule ?

    Mais qui choisirait les axes à suivre ? Et les crédits alloués à chaque recherche ?
    Que se passerait-il en cas d’apparition d’une nouvelle maladie ( comme la Covid 😁) ?

    Et ne faut-il pas non plus reformer la médecine ? Du moins, concernant la prescription des traitements, cela va de paire. La bonne et juste médication.

    Bonne continuation

    Reply
    • Tony
      30 novembre 2020 at 19 h 15 min

      Je pense que les gestionnaires devraient être tirés au sort, comme le suggère Étienne Chouard.
      Pourquoi pas constituer un grand groupe de scientifiques volontaires en capacité de gérer ce nouveau modèle de santé et faire un tirage au sort.
      En renouvelant le groupe et les gestionnaires on évite au maximum la corruption.

      Reply
      • Loran
        1 décembre 2020 at 10 h 16 min

        Mais quelle serait la durée de leur mandat ?
        Certains ne se plaindront-ils pas qu’ils n’ont pu avoir suffisamment de temps pour mener leurs projets à bien ?

        Reply
        • Tony
          6 décembre 2020 at 17 h 25 min

          Dans le nouveau monde, ça serait à toi de répondre aux questions que tu te poses 🙂
          Quelle serait la durée idéale pour un mandat ? 3 ans, 5 ans, 7 ans ? On peut aussi imaginer qu’un projet en cours se doit d’être terminé, mais s’il y a un nouveau gestionnaire.

          L’objectif global, ce que nous décidions de toutes les modalités de fonctionnement de ce pays et qu’on ne laisse plus les hommes politiques décider à notre place.

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