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Folklore / Légende

Grogoch le Leprechaun travailleur

Temps de lecture : 3 minutes

La verte Erin

C’est ici le surnom de l’île d’Irlande. Une île torturée, balayée par les vents, noyée sous des trombes d’eau qui peuvent parfois conférer à toutes ses côtes des allures de monstre.
C’est justement les monstres qui m’intéressent ou plutôt, les Leprechauns, sorte de petits lutins terrifiants qui habitent les histoires à travers les siècles, racontées par les parents à leurs enfants, comme une transmission sans fin, les faisant à coup sûr vivre dans l’esprit de tous les Irlandais.

Le premier Leprechaun que j’ai croisé, ou plutôt, le premier qui m’a été raconté par un vieux Monsieur lorsque je vivais en Irlande, dans le Connemara c’est le Grogoch, littéralement, le “Pecht” comme on l’appelle souvent. Ce mot est un dérivé de Picte, une race celtique qui, jadis, terrifiait certaines régions d’Ecosse.

Son apparence, mi-humain, mi-lutin, en fait un des Leprechauns les plus craints par son apparence. Pourtant, en regardant bien les différentes histoires, on peut s’apercevoir qu’il est en fait bienveillant.
Son corps brunâtre revêtu d’une pelisse épaisse et relativement sale en fait un être peu attrayant (disons qu’on n’a pas envie de lui faire un gros câlin).

Sa bienveillance est pourtant reconnue, de même que son appétence pour le travail bien fait. C’est un travailleur, honnête à priori, tout du moins investi et loyal.

Sale comme un Grogoch

Dans le comté d’Antrim, au Nord de l’Irlande, certaines expressions sont entrées dans le jargon, elles sont expliquées aux enfants lorsqu’ils sont mal habillés ou lorsqu’ils ne souhaitent pas se laver. On dit alors : “Vous ressemblez à un vieux Grogoch” ou encore “la chambre est sale comme la porcherie du Grogoch”.

D’ailleurs, la maison du Grogoch ressemble à une porcherie, plutôt à une sorte de caverne, une forme de trou dans un paysage. Le long des côtes d’Irlande, surtout celles du comté d’Antrim, on trouve des pierres qui soutiennent ces maisons. Une petite histoire, racontée par Frank Craig, un habitant du comté, dit la chose suivante :

“La maison du Grogoch”, c’est deux grandes pierres levées près de Leg-an-thass-nee. Jadis, si vous y étiez, vous auriez pu les voir prendre leurs aises le soir, assis au soleil, fumant leurs pipes écossaises. C’est une histoire vraie car je connais des gens, encore en vie, qui les ont vus”

Je suis fasciné par ces histoires, elles donnent vraiment envie d’y croire même si, comme pour la mythologie, on sait qu’elles ont quelque chose de très loufoque, sorties tout droit de l’imaginaire.

Il faut néanmoins les restituer dans leur contexte, elles accompagnaient des moments tragiques de l’histoire, servaient à se rassurer, parfois, ou à terrifier les enfants pour qu’ils ne s’éloignent pas.

Le Grogoch, a surtout survécu aux siècles car, il représente un modèle de société. Travailleur acharné, à l’apparence ragoutante, il cache en fait l’idée que l’habit ne fait pas le moine. Il en avait d’ailleurs une peur bleue, au sens que le Clergé représentait pour ce Leprechaun un danger, il n’entrait pas dans les maisons des Prêtres ou des Pasteurs, redoutant d’avoir affaire à une forme de jugement Divin, lui, l’antithèse du Beau.

Il avait le pouvoir d’être invisible. Au sens littéral, ne pouvaient le voir que ceux qui avaient l’esprit de sa confiance.

C’est un mythe dans l’histoire celte, surtout celles des Ecossais et des Irlandais. Pas un seul de ces habitants n’a pas entendu, un jour ou l’autre, les histoires des Grogoch.

J’écoutais, entre les gouttes qui frappaient les fenêtres du cottage de mon voisin, ces histoires racontées avec un accent Irlandais à couper au couteau. Je ne sais pas si j’avais tout compris à l’époque, mais, d’une certaine façon, y a-t-il besoin de tout savoir ?

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